Comprendre la base du DPE : les cinq postes principaux
Avant d’envisager une amélioration de l’étiquette DPE (Diagnostic de performance énergétique), il est essentiel de comprendre comment celle-ci est déterminée. Le diagnostiqueur ne se limite pas à l’examen des équipements, mais effectue une analyse globale du logement, s’appuyant sur cinq grands usages énergétiques standards.
- Chauffage : Cet usage absorbe généralement la part la plus importante de l'énergie, surtout dans les habitations anciennes ou peu isolées. La performance du système de chauffage (chaudière, pompe à chaleur, etc.) et la qualité de l’isolation (murs, toiture, vitrage) jouent un rôle déterminant dans la note DPE.
- Eau chaude sanitaire : Les dépenses énergétiques dépendent ici du type de production d’eau chaude. Un chauffe-eau électrique traditionnel impactera négativement la note, là où les modèles plus performants, comme les chauffe-eau thermodynamiques, limiteront la consommation.
- Refroidissement : Ce poste entre en jeu si le logement possède un dispositif, tel qu'une pompe à chaleur réversible. Même sans climatisation, le calcul évalue les risques de surchauffe estivale en fonction de l'agencement, de l’exposition, de l’isolation et des protections solaires.
- Éclairage : Peu importe le type d’ampoules installées, ce poste est intégré via une estimation, car il est susceptible de changer fréquemment au cours de la vie du logement.
- Auxiliaires : Ce groupe rassemble tous les équipements techniques en fonctionnement prolongé, tels que ventilateurs de ventilation mécanique contrôlée ou pompes de circulation. Leur impact peut devenir significatif, surtout avec des installations anciennes.
Du calcul à la double étiquette : comment est attribuée la classe DPE
Après avoir additionné les consommations relatives à chaque usage, le logiciel utilisé génère deux indicateurs distincts : l'un pour la consommation d’énergie primaire (exprimée en kWhep/m²/an), l’autre pour les émissions de gaz à effet de serre (GAES, en kgCO2eq/m²/an). La classe DPE finale correspond à la moins favorable des deux valeurs.
Ce système implique que, selon l’énergie utilisée pour se chauffer, un logement peut voir son classement varier pour des raisons différentes. Par exemple, une habitation chauffée au gaz peut garder une consommation modeste, mais sera pénalisée pour ses émissions de CO2. À l’inverse, l’électricité, bien que moins émettrice de gaz à effet de serre, pouvait entraîner une mauvaise notation en énergie primaire à cause d’un coefficient anciennement élevé.
Depuis janvier 2026, pour les biens chauffés à l’électricité, ce coefficient de conversion a diminué (de 2,3 à 1,9), ce qui améliore automatiquement la performance énergétique affichée, indépendamment des caractéristiques physiques du logement.
Peut-on améliorer l’étiquette DPE sans travaux ?
Pour les propriétaires de logements électriques, une bonne nouvelle : il est désormais possible d’obtenir, sans engagement de travaux, une attestation actualisée via le portail de l’ADEME. Ce document officiel, reposant sur le nouveau mode de calcul, peut potentiellement permettre à des logements auparavant interdits à la location, de devenir conformes à la législation uniquement grâce à la revalorisation du coefficient d’électricité.
Néanmoins, pour les habitations dont la classe reste défavorable (F ou G), les contraintes réglementaires se renforcent. Dès 2025, les logements classés G ne peuvent plus être proposés à la location lors d’un nouveau bail ou d’un renouvellement, et ceux classés F suivront cette interdiction en 2028. La vente de maisons individuelles en classes basses (E, F ou G) impose également de fournir un audit énergétique, qui propose un plan d’amélioration en plusieurs étapes, indépendamment du DPE lui-même.
Conclusion : vers une amélioration durable et simple ?
Améliorer son étiquette DPE sans entreprendre de travaux est possible, dans certains cas, grâce aux dernières évolutions réglementaires liées à l’électricité. Pourtant, pour la majorité des logements, c’est bien l’investissement dans l’isolation, le changement d’équipements ou l’optimisation des installations techniques qui permettra d’améliorer durablement les performances énergétiques et de valoriser son bien.